Le duo Yamane & Mehdi, respectivement 22 et 21 ans, apporte son lot de créativité dans la lignée de leur formation. Tous deux ont le même cursus : leur bac en sciences expérimentales en poche, ils se sont dirigés vers l’école des Beaux-Arts de Casablanca, section ‘‘Architecture d’Intérieur et Design d’Objet’’.
Une ligne composée de matières nobles et naturelles pour le moins expérimentale, qui s’inspire de l’alliance sciences et créativité. Découlant de leur projet de fin d’étude : ‘‘architecture, écologie & design’’, leur concept s’inscrit pleinement dans l’air du temps puisque inspiré du réchauffement climatique et de ses enjeux. Sur un tempo régulier, leur calligraphie géométrique noue et dénoue avec minutie une silhouette.
Meriem Bennani, dite Mima, s’est formée trois années durant en stylisme et modélisme au Collège Lasalle. Plusieurs expériences en tant que responsable de style plus tard, elle défile à tout juste 24 ans sur le podium de FestiMode Casablanca Fashion Week 2010.
Le monde de Mima est généreux. Sa passion pour la couture l’amène à réaliser une ligne aux courbes suaves, de longues robes noires sur une note très Art Déco. «Une palette d’émotions pour que chacune puisse s’y retrouver. La femme est le siège d'une multitude de sentiments, souvent submergée rarement libérée». Des volumes sophistiqués, la poésie opère dans ce noir labyrinthe de soie et de dentelle fine.
Ghitta a déjà présenté sa première collection en trio, sous la griffe Mozarabe, pour le défilé Emergence 2007. Elle remet ça en 2010 pour FCFW, forte de son indépendance, avec une ligne fraiche et haute en couleur inspirée de l’esprit «récup’» vintage. Sensible aux enjeux environnementaux, elle souhaite toucher la conscience éthique de la fashionista via des vêtements recyclés et transformables.
Venue des Arts Plastiques, sa créativité prend source dans le design contemporain et la culture punk réactualisée, pour construire, déconstruire et détourner des vêtements déjà existants. Au départ une idée abstraite puis des matières qu’elle aime longuement malaxer jusqu’à effleurer leur poésie. «Je pars souvent de vêtements qu’on trouve dans quasiment toute garde-robe, en retravaillant texture et forme par l’ajout de matières «déchets» comme le plastique, le papier, le fer, les fils,...»
Le plus expérimental. Ahmed évolue dans un univers dense, futuriste et à contre-courant. Cet enfant du Sud du Maroc hérite de son père d’un amour profond pour la mode. À 16 ans, il entre en apprentissage chez un tailleur de sa ville. A 26, avec en poche un bachelor en «Création Design & Mode» de l’Ecole Supérieur Internationale de la Mode de Toulouse, il postule avec succès au concours Emergence de FCFW 2010. Il se dit exalté par l’effervescence culturelle qui anime le Maroc contemporain, la fameuse Nayda.
Sa ligne surgit de sa fascination pour le vêtement militaire et pour la dualité guerre/paix. Chaque création est un système mettant en scène le processus d’adaptation corps-vêtement, support d’expression identitaire au-delà du verbe. Sa passion pour la seconde peau, lui font penser le vêtement comme continuation vibrante du corps, architecture organique. Ses travaux laissent apparaître en filigrane un sens de la provocation, à travers des coupes innovantes aux techniques textiles de pointe.
Diplômée en 2009 de l’Atelier Chardon Savard, Alexia est actuellement styliste Actu au bureau de style Tara Jarmon à Paris. Elle travaille en parallèle sur sa collection personnelle intitulée Cheminement externe. Alexia est passionnée d’architecture, particulièrement celle de l’architecte espagnol Antoni Gaudi, elle y retrouve ce penchant pour la couleur et les formes organiques. Elle nous raconte : «Mes collections naissent le plus souvent de ce qui m’entoure, des rencontres, des voyages. Sans oublier ma grand-mère qui m’a transmis son goût pour la couleur, les teintures et les matières brutes que l’on retrouve dans mes collections»
Qatari, doublé d’une identité canadienne et récemment
diplômé de l’Atelier Chardon Savard, Faissal réalise
actuellement une ligne de collants et leggings novatrice, alliant confort,
style et fonctionnalité. Ses inspirations sont multiples, une passion
pour le futurisme précédent les seventies, Faissal y retrouve
une part de délicatesse, de mystère, d’espoir et un esprit
quasi antique, un penchant pour Stanley Kubrick et son film culte l’Odyssée
de l’espace avec cette atmosphère où le faste du passé a
laissé place à une fabuleuse mélancolie.
A la base de ses créations on retrouve un fil conducteur, celui du contraste
; il se révèle à travers l’opacité des tissus,
la lumière des couleurs et les volumes des vêtements. Il se traduit
aussi dans un rigoureux travail de coupe et de structure confronté à la
légèreté et au romantisme du drapé ou jupon. Il
affirme sans ambages : «j’aime naïvement considérer
la mode comme tout autre art, un vecteur d’expression et d’influence
pour l’artiste qu’est le créateur. Les vêtements expriment
l’émotion et la vision du créateur et par conséquent,
du porteur qui se les approprie…les vêtements servent à protéger
notre âme en la sublimant ou même en l’effaçant du
regard des autres»
Le diplôme de l’Atelier parisien Chardon Savard en poche, Mathilde s’installe en 2009 à Londres où elle effectue un stage chez la créatrice anglaise Hannah Marshall. Ses influences et ses inspirations demeurent hétéroclites, provenant de l’art et du design contemporain jusqu’aux sculptures des arts premiers. L’intérêt qu’elle porte à la sociologie du vêtement la conduit à étudier les costumes traditionnels et les mœurs liées à l’habillement. Sensible au travail de construction - déconstruction des créateurs japonais tel que Watanabe ou Yamamoto, Mathilde travaille le noir pour pouvoir mettre en avant un travail de volumes peu conventionnel. Elle affirme : «un travail est vraiment intéressant quand sa construction pousse à la réflexion, je cherche par le biais de mes créations à raconter une histoire, à créer un personnage et y ajouter une touche d’humour…»
Ancienne élève des ateliers Chardon Savard, Miya travaille actuellement sur sa collection personnelle avec une thématique s’inspirant des ballets russes. En 2008 et 2009 ses créations sont présentées à Moscou aux côtés des créatrices Eléna Lenina et Olga Moiseenko. Miya découvre la Russie grâce à sa mère japonaise qui est traductrice pour la langue russe. Plus récemment, elle revisite avec émotion l’univers du ballet russe à une exposition organisée à la Fondation Yves Saint Laurent à Paris. Miya Hakuyo réalise des figurines, enveloppées dans des patchworks de tissus où s’entremêlent motifs de kimonos japonais et influences baroques ; un mélange et une osmose qui rythme avec ardeur ses silhouettes. Elle nous confie : «Ce qui m’intéresse avant tout dans ce travail, c’est la cohabitation de vêtements complexes et d’autres plus simples trouvant ainsi un équilibre»
Jeune créateur de l’Atelier parisien Chardon Savard, Flo
crée et modèle le vêtement depuis son enfance… sacs
en plastique, chaussettes, papier toilette, tout est prétexte pour
sculpter des vêtements.
Il nous informe clairement : «Aujourd’hui, ma machine à coudre
et moi habillons des gens poétiques et parfois pathétiques,
le rôle de chaque pièce est d’être portée
dans la vie de tous les jours… Donner vie à la matière, à la
couleur, à la sensibilité». Léonor Fini, Nina
Hagen, Malcom X, l’âge victorien, l’impressionnisme,
le dadaïsme, Biedermeier, les banquiers, la mafia sont pour Flo de
Richefort autant d’influences que sources d’inspiration. Des
coupes simples, confortables, organiques avec des détails décoratifs,
des boutons d’or, des couleurs douces et joyeuses, il y a là une
recherche et un travail de simplification du vêtement. L’idée
est joyeuse voire même d’inspiration ludique, s’amuser,
porter le vêtement avec une certaine légèreté,
apporter de la couleur et de la lumière dans un monde un peu trop
gris. En juin 2009, sa ligne de bijoux figure dans le magazine Grazia
Italie aux côtés de celles de Yohji Yamamoto et Christian Lacroix.